Les 11 principes généraux de la Charte du patient hospitalisé

  1. Accessibilité
    Toute personne est libre de choisir l’établissement de santé qui la prendra en charge, dans la limite des possibilités de chaque établissement. Le service public hospitalier est accessible à tous, en particulier aux personnes démunies et, en cas d’urgence, aux personnes sans couverture sociale. Il est adapté aux personnes handicapées.
  2. Qualité
    Les établissements de santé garantissent la qualité de l’accueil, des traitements et des soins. Ils sont attentifs au soulagement de la douleur et mettent tout en oeuvre pour assurer à chacun une vie digne, avec une attention particulière à la fin de vie.
  3. Choix
    L’information donnée au patient doit être accessible et loyale. La personne hospitalisée participe aux choix thérapeutiques qui la concernent. Elle peut se faire assister par une personne de confiance qu’elle choisit librement.
  4. Consentement
    Un acte médical ne peut être pratiqué qu’avec le consentement libre et éclairé du patient. Celui–ci a le droit de refuser tout traitement. Toute personne majeure peut exprimer ses souhaits quant à sa fin de vie dans des directives anticipées.
  5. Don
    Un consentement spécifique est prévu, notamment, pour les personnes participant à une recherche biomédicale, pour le don et l’utilisation des éléments et produits du corps humain et pour les actes de dépistage.
  6. Recherche
    Une personne à qui il est proposé de participer à une recherche biomédicale est informée, notamment, sur les bénéfices attendus et les risques prévisibles. Son accord est donné par écrit. Son refus n’aura pas de conséquence sur la qualité des soins qu'elle recevra.
  7. Liberté
    La personne hospitalisée peut, sauf exceptions prévues par la loi, quitter à tout moment l’établissement après avoir été informée des risques éventuels auxquels elle s’expose.
  8. Respect
    La personne hospitalisée est traitée avec égards. Ses croyances sont respectées. Son intimité est préservée ainsi que sa tranquillité.
  9. Vie privée
    Le respect de la vie privée est garanti à toute personne ainsi que la confidentialité des informations personnelles, administratives, médicales et sociales qui la concernent.
  10. Information
    La personne hospitalisée (ou ses représentants légaux) bénéficie d’un accès direct aux informations de santé la concernant. Sous certaines conditions, ses ayants droit en cas de décès bénéficient de ce même droit.
  11. Préjudices
    La personne hospitalisée peut exprimer des observations sur les soins et sur l’accueil qu’elle a reçus. Dans chaque établissement, une commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge veille, notamment, au respect des droits des usagers. Toute personne dispose du droit d’être entendue par un responsable de l’établissement pour exprimer ses griefs et de demander réparation des préjudices qu’elle estimerait avoir subis dans le cadre d’une procédure de règlement amiable des litiges et/ou devant les tribunaux.

L'essentiel des droits des patients

  1. Consentement aux soins
    Le principe du consentement "éclairé" requiert que le patient ait reçu une information "adaptée".

    Le principe du droit à l’information du patient :
        Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé afin qu’elle puisse prendre avec le professionnel de santé et compte-tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé.

    Qui doit informer :
        L’information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seule l’urgence, l’impossibilité d’informer ou le refus du patient peuvent l’en dispenser.

    Sur quoi doit porter l’information :
      L'information porte sur :
    • les différents traitements, investigations et actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur degré d’urgence, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles, ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences probables en cas de refus.
    • les frais auxquels le patient peut être exposé.
  2. Droit à l'information
    • Informations médicales :
    •     Ce sont les médecins du service, ou le personnel soignant autorisé par ceux qui vous informeront de votre état de santé, des examens qui seront faits, des traitements qui pourront être décidés. Votre famille peut, sauf opposition de votre part, être informée de votre état de santé aux jours et heures indiqués dans chaque service.

    • Personne de confiance :(article L1111-6 du code de la santé publique)
    •     Lors de votre hospitalisation, il vous est proposé de désigner une personne de confiance qui pourrait être consultée dans le cas où vous seriez dans l’incapacité d’exprimer votre volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Cette personne, si vous le souhaitez, peut vous accompagner dans vos démarches et assister aux entretiens médicaux afin de vous aider dans vos décisions. Cette désignation est faite par écrit et n’est valable que pour la durée de l’hospitalisation.
  3. Droit des malades en fin de vie
    • La loi du 22 avril 2005 :
    •     Relative aux droits des malades et à la fin de vie; elle établit le droit des malades à refuser tout traitement.

    • Les directives anticipées :(article L1111-11 du code de la santé publique)
    •     Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, rédiger des directives anticipées pour le cas où, en fin de vie, elle serait hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives indiquent ses souhaits concernant les conditions de limitation ou d’arrêt de traitement. Elles seront consultées préalablement à la décision médicale et leur contenu prévaut sur tout autre avis non médical.
      Renouvelables tous les 3 ans, elles peuvent être, dans l’intervalle, annulées ou modifiées, à tout moment. Si vous souhaitez que vos directives soient prises en compte, sachez les rendre accessibles au médecin qui vous prendra en charge au sein de l’établissement : confiez-les lui ou signalez leur existence et indiquez les coordonnées de la personne à laquelle vous les avez confiées.
  4. Droits de faire un don : organes, tissus ou sang
    • Dons d'organes et de tissus :
    •     Faire don d’un de ses organes ou de certains tissus après le décès est le geste le plus généreux et le plus utile : il sauve la vie d’hommes, de femmes, d’enfants.
          Les prélèvements d’organes sont réglementés par la loi, du 29 juillet 1994 dite loi «bioéthique» révisée le 6 août 2004. Elle fixe le principe que toute personne venant à décéder est présumée avoir consenti au prélèvement de ses organes ou tissus.
          Toutefois, vous pouvez vous y opposer en demandant à être inscrit sur le registre national informatisé mis en service depuis 1998. Si, en cas de décès, le médecin ne connaît pas votre décision, il devra recueillir le témoignage de votre volonté auprès de votre famille et consulter le registre national. Pour le prélèvement d’organes et de tissus à visée thérapeutique ou scientifique sur un mineur ou un majeur faisant l’objet d’une mesure de protection légale, il faut une autorisation écrite des deux titulaires de l’autorité parentale ou du représentant légal.
      En savoir plus sur le don d'organe

    • Don du sang :
    •     Toute personne âgée de 18 à 60 ans peuvent donner son sang : les femmes 3 fois par an et les hommes 5 fois par an.

L'accès au dossier médical

    La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé a posé le principe de l’accès direct du patient à l’ensemble des informations de santé le concernant et le décret du 29 avril 2002 a organisé cet accès. Néanmoins le patient peut toujours, s’il le souhaite, accéder à ces données par l’intermédiaire d’un médecin de son choix. La communication doit être faite au plus tard dans les huit jours suivant la demande et au plus tôt dans les 48 heures. Si les informations remontent à plus de cinq ans, le délai est porté à deux mois. Cette période de cinq ans court à compter de la date à laquelle l’information médicale a été constituée. La présence d’une tierce personne peut être recommandée par le médecin mais ne peut empêcher un accès direct au dossier en cas de refus du patient de suivre cette recommandation.

  • Qui peut demander l’accès au dossier médical ?

  •     L’accès au dossier médical peut être demandé auprès du professionnel de santé ou de l’établissement de santé, par la personne concernée, son ayant droit en cas de décès de cette personne, le titulaire de l’autorité parentale, le tuteur ou le médecin désigné comme intermédiaire.

  • Quelles sont les informations communicables ?

  •     Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé, c’est à dire à toutes les données qui sont formalisées et ont contribué à l'élaboration et au suivi du diagnostic et du traitement ou d'une action de prévention, ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment les résultats d'examen, les comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, les protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en oeuvre, les feuilles de surveillance, les correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers.
        Ces informations sont communicables qu’elles soient sous forme papier ou sur support informatique. La communication, en langage clair (par exemple, par l’indication de la signification des codes utilisés) doit être conforme au contenu des enregistrements.

  • Quelles sont les modalités d’accès et de communication ?

  •     La demande est adressée au professionnel de santé ou au responsable de l’établissement ou à la personne désignée à cet effet par ce dernier.
        L’accès aux données se fait, au choix du demandeur, soit par consultation sur place avec éventuellement remise de copies, soit par l’envoi des documents (si possible en recommandé avec accusé de réception). Les frais de délivrance de ces copies sont à la charge du demandeur et ne sauraient excéder le coût de la reproduction et, le cas échéant, de l’envoi des documents.
        Préalablement à toute communication, le destinataire de la demande doit vérifier l’identité du demandeur (ou la qualité de médecin de la personne désignée comme intermédiaire).

Plus d'information sur le site de la CNIL

    Tout au long de votre séjour à l'hôpital, différents renseignements vous concernant vont vous être demandés.
    Certaines de ces informations feront l'objet d'un traitement informatique tout en respectant le secret médical et en ne portant atteinte " ni à l'identité humaine, ni aux droits de l'homme, ni aux libertés individuelles ou publiques". (extrait de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978). Vous êtes autorisé à vous opposer au recueil et au traitement des données nominatives dans les conditions fixées par la loi du 6 janvier 1978.
    Vous avez la possibilité d’accéder directement, ou par l’intermédiaire d’un médecin que vous désignez librement, à l’ensemble des informations concernant votre santé.
    Vous pouvez consulter votre dossier médical en vous adressant au médecin chef du service qui a assuré votre prise en charge. Un accompagnement médical vous sera proposé.
    Sur demande écrite accompagnée d'un justificatif de votre identité (copie de la carte d'identité, du livret de famille…) adressée au service de la direction de l’hôpital ou à la direction du droit des usagers du CHRU, les photocopies peuvent vous être envoyées. Les frais de copies et d’expédition seront alors à votre charge.
    Si vous le souhaitez, vous pouvez également obtenir des documents administratifs de caractère nominatif vous concernant. La demande doit être effectuée auprès de la direction de l'établissement dans lequel vous êtes hospitalisé.